Si tu savais Rianou mon entourage jaloux de ta présence nécessaire autour de moi... Eux savent à quel point je t'estime.
C'est une promesse...


(04-11-06)



Tu me manques.
Si tu savais combien je regrette.
Ta présence m'a été nécessaire également et compte toujours énormément.
Ca aussi, c'est une promesse.


Photo : Au Gambetta, 04-11-07, par toi.
On pourra dire que c'est un jour qui ne manque clairement pas d'ironie =]

# Posté le mercredi 05 novembre 2008 13:53

Pour me trouver des raisons de vivre, j'ai tenté de détruire mes raisons de t'aimer. Pour me trouver des raisons de t'aimer, j'ai mal vécu. (P. Eluard)

 Pour me trouver des raisons de vivre, j'ai tenté de détruire mes raisons de t'aimer. Pour me trouver des raisons de t'aimer, j'ai mal vécu. (P. Eluard)
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A *,


.Si tu savais toutes les choses que je ne t'ai jamais dites. Les reproches souvent tus, les mots doux aussi parfois, mais toujours ravalés. Pourquoi en aurait-il été autrement ?
.Certains écrivent à ceux qu'ils n'ont pas eu le temps de connaître, d'aimer. Les enfants morts-nés, les personnes éteintes trop vite, trop jeunes. En réalité, à l'exception de ces phrases aujourd'hui, il est toujours trop tôt pour ces choses-là.

.Ils sont tous persuadés d'avoir le temps d'appréhender les autres, les inconnus, de desceller leurs faiblesses et quelques-unes de leurs forces. Ils attendent patiemment l'instant où tout pourrait être dévoilé. Et au moment même où chaque détail semblait propice aux confidences, tout éclate, tout se clôt, s'éteint, sans que quiconque ne s'en soit aperçu, sans prévenir. Sans rien.

.Tu sais, actuellement tout devrait pouvoir être différent. Désormais j'ai compris que l'unique frein à cet épanouissement éphémère et futile n'était autre que moi.

.Il n'y a pas de manière d'aimer. Pas de meilleure façon de prouver une affection déjà connue pourtant.
.Néanmoins, il y a et subsistera toujours des personnes qui n'aimeront pas comme il serait nécessaire de le faire.

.Avant, tu ne me le disais jamais. Ou très peu. Et même si tout était pensé, dans tes actes se ressentait un profond désintéressement - aussi involontaire était-il.

.Tu sais, j'ai vraiment essayé de te montrer que j'étais là. Tu l'avais remarqué, je n'en ai jamais douté, mais ton interprétation de mes appels était faussée. Tu avais compris que j'étais là, uniquement pour t'aider à te relever. Ce n'est pas ainsi que les choses se déroulent habituellement.
.Si tu avais une vague idée de ce qui a pu se produire dans ma vie, lorsque tu te tenais près de moi... Probablement ressentirais-tu ce léger écoeurement bien connu de certains, mais surtout, une culpabilité dévorante te rongerait. Indéniablement. Et ce n'est pas ce que je souhaite. C'est pourquoi je ne dis rien. N'ai jamais rien dit et persévèrerai dans mon silence. C'est aussi pourquoi je l'écris. Je sais que tu ne me liras pas ou bien désireras ne pas te reconnaître dans mes mots. Tu es trop persuadée qu'un amour réciproque existe, comme il fait bon de le penser.
.Tu te trompes. Impudemment.
.Mais je ne t'en veux pas. Non. Plus pour cette chose-là.
.Pour tout le reste, uniquement.
.Pour le vide déroutant que tu creusais incessamment, sans le vouloir réellement et qui, chaque jour, nous éloignait davantage l'une de l'autre.
.Ce vide, j'ai longuement tenté de le combler, sans y parvenir jamais. Vaine entreprise que d'espérer accomplir si grande chose. Face à l'échec, l'hésitation n'était plus de mise; ce trou noir devait s'éclipser, peu importaient les moyens employés.
.Ces moyens, tu les ignores, n'est-ce pas ? Bien sûr que tu les ignores. Tu les as toujours ignorés, ne les as même jamais soupçonnés, par ailleurs.


.Le besoin, souvent, te pousse à me donner signe de vie. Et la conversation est stérile, comme chaque fois. T'imagines-tu vraiment que je ne m'en aperçois pas ?
.Comment tout se finit ? Toujours par les mêmes mots. Tu es celle de nous deux qui les prononces. Evidemment. C'est une des raisons pour lesquelles je t'en veux également. Tu es toujours si certaine d'entendre ces mêmes paroles en guise de réponse. Convaincue que le pardon a non seulement été accordé, mais avant tout, qu'il n'avait pas lieu d'être.
.Mais ces mots tu ne les mérites pas. D'ailleurs, je n'ai jamais su les dire aux personnes qui les méritaient vraiment. Ou si peu, finalement.
.Et toi, toi tu n'appartiens pas à ces personnes que je devrais congratuler en leur disant de telles choses. Ne m'en veux pas; non, ce n'est pas à toi de le faire, et nos rôles seraient échangés une fois encore.
.Les seuls mots que tu mérites réellement sont ceux-là.
.Des reproches amers, des constats déçus. Des phrases d'une personne qui s'est toujours tue en acceptant des maux injustifiés.


.Il y a toujours des souvenirs qui restent et ne s'effacent pas. Peu importe la volonté pour y parvenir, tout perdure.
.Des années de cela, tu me tenais la main et, une fois la porte poussée, l'odeur des parquets sur lesquels tant de corps avaient déjà dansé, était intense. Odeur connue et à laquelle désormais je ne prête plus attention.
.Assises sur un banc, tu me chuchotais des mots rassurants. Ceux qu'une enfant a besoin d'entendre. Tu seras là quand je sortirai de la salle, tu m'attendras et seras fière de mes pas maladroits.
.Déjà très jeune, tu me mentais sans t'en apercevoir réellement, il me semble.

.A présent, je souris quand je vois toutes ces petites filles habillées de rose, joyeuses et encore si gentiment naïves, se jeter dans les bras de celles qui les attendent. Celles-ci mêmes qui leur expliquent qu'avec un ciel si bleu et si clair, il serait dommage de ne pas en profiter : "Tu veux qu'on aille se balader cet après-midi ?".
.Assurément, entendre de tels mots et promesses d'affection déguisés sous des phrases ordinaires me fera toujours sourire. Par regret, je suppose. Parce que les seules phrases aussi communes que tu m'aies jamais accordées étaient vierges de tout costume.
.Il n'y avait pas de balades, pas de jeux. Il y avait seulement tes livres, dans lesquels tu te réfugiais pour fuir et ne plus songer au reste, trop dérangeant selon toi. Il y avait parfois de la musique également. Beethoven ou Chopin, plus généralement. Mozart ? Oh non ! Jamais, au grand jamais Mozart ! Trop de notes, c'est, en citant Amadeus, ce que disait ton fantôme. Celui auquel tu reproches de ne pas t'avoir laissé le temps de lui adresser les mots que je t'écris aujourd'hui. Car il te hante toujours, n'est-ce pas ? Quelle question ! Elle ne devrait même pas être posée. Evidemment qu'il te hante toujours. C'est à cause de ce même vide qui subsistait entre vous que tu survis de cette manière, que tu te raccroches à tout ce à quoi il est possible de se raccrocher. Parce que, finalement, si tu peux te reposer sur quoi que ce soit, quitte à tomber plus bas encore, c'est surtout par ce moyen que tu sais ton existence.
.Et puis également que tu as parfois cette impression d'être plus proche du bonheur que tu ne l'es réellement, de ne pas l'effleurer simplement, mais de l'étreindre à t'en étouffer.

.Mais tu sais, comme d'autres avant moi l'ont tant de fois dit : ce bonheur, ton bonheur, n'est qu'une illusion d'optique.
.Et absolument rien d'autre.

Le 13 mai 2008

Ne m'en veux pas pour toutes ces choses écrites. On finit toujours par en crever quand elles pourrissent à l'intérieur.

La destinataire de cette lettre ne lira jamais ces mots; ici est la seule chose fictive.

* Parce qu'à force d'écouter Beethoven, j'en suis tombée amoureuse, et que, comme le dit le titre de cette sonate, notre situation, mes phrases, toi, moi... Tout ce merdier est simplement pathétique.

# Posté le samedi 17 mai 2008 10:11

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 18:41